
Il fut l’un des membres fondateurs des Croqueurs de pommes du Cantal et il a durablement marqué notre association, nos vergers et nos mémoires. Pierrot faisait partie des bâtisseurs discrets, de ceux qui ne cherchent ni la lumière ni les honneurs. Fondateur, puis président durant onze années, Pierrot n’a jamais exercé ses responsabilités depuis un bureau. Il était avant tout un homme de terrain. Un homme de bottes, de sécateur. Il savait que pour préserver un patrimoine vivant, il fallait d’abord le connaître intimement. Pierrot dessinait les pommes. Il les photographiait. Il les décrivait avec précision et patience. Derrière ces gestes, il y avait une conviction profonde, celle que chaque variété raconte l’histoire d’un lieu, d’un climat, d’un savoir-faire transmis.

Et puis, il y avait la récolte des greffons. C’était son domaine de prédilection, presque son territoire réservé. Il ne faisait rien au hasard. Chaque greffon prélevé était pour lui une promesse d’avenir, un trait d’union entre le passé et les générations futures. Au fil des années, par son travail, sa rigueur et sa passion, Pierrot est devenu une référence incontournable quant aux variétés de pommes. Et toujours, il répondait avec simplicité, sans jamais se placer au-dessus des autres. Il partageait son savoir comme on partage un fruit : naturellement. Mais réduire Pierrot à ses connaissances, serait incomplet. Car au-delà de l’expert, il y avait l’homme. Un homme de caractère, engagé, profondément attaché à l’esprit de l’association qui était, pour lui, une aventure humaine avant tout.
Aujourd’hui, les vergers que nous parcourons, les variétés que nous sauvegardons, les greffes qui prennent, vont porter encore longtemps son empreinte.
Texte et photos Denis Vieyres – janvier 2026